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« La longue marche » : tout savoir sur le nouveau Lucky Luke de Matthieu Bonhomme
Publié le 25/02/2026
SPIROU vous propose actuellement un incroyable voyage : « La longue marche de Lucky Luke », une aventure enneigée où Matthieu Bonhomme met un ado turbulent dans les pattes du « lonesone cowboy » !
Une expédition vers le Canada avec Lucky Luke et… son « fils »
Dans « La longue marche », Lucky Luke est embauché par un riche industriel qui le charge de récupérer son neveu, capturé et élevé par une tribu indienne. Luke va ainsi devoir faire un long voyage, en plein hiver, avec Nuage rouge, un adolescent bien turbulent… Pour créer Nuage rouge, je me suis inspiré d’un copain de mon fils que j’avais gardé à la maison et dont les provocations avaient énormément testé ma patience ! Avoir un gamin dans les pattes va faire vaciller Lucky Luke de son piédestal de héros taiseux… Il va devoir montrer ses sentiments, se révéler en père de substitution parfois maladroit : faillible et humain, quoi ! « La longue marche de Lucky Luke » n’est donc pas une variation de « L’escorte », même si l’on y trouve aussi beaucoup de gags.

Un voyage à la rencontre des Pieds-Bleus
Nuage rouge a été élevé par les Pieds-Bleus, tribu mythique de l’univers Lucky Luke. Mais je leur ai donné l’histoire et les traditions des Indiens lakotas. Le titre de cet album ne fait pas référence à l’album « La longue marche » de Blueberry, mais plutôt au voyage que firent les Lakotas après la bataille de Little Bighorn. Victorieux du général Custer, ils avaient toutefois préféré partir vers le Canada par peur des représailles. Avec « La longue marche de Lucky Luke », je voulais un western très enneigé, très proche de la nature, évoquant le film « Jeremiah Johnson », qui m’avait bouleversé. Je voulais aussi une aventure très « pro-indienne« .

Un périple 100 % nature
« La longue marche de Lucky Luke » est un western qui porte des valeurs écologiques. Plus jeune, j’avais lu des textes présentant comme poétiques les considérations des Indiens sur le respect de la nature. Elles sont en réalité les seules lois qui devraient régir l’humanité. Lucky Luke devra ici faire face à Mister Cramp, symbole du capitalisme le plus sauvage, prêt à forer et déboiser tout un pays pour se faire de l’argent. Et qu’on ne me dise pas que Luke n’est pas soucieux de l’environnement ! À la fin de « À l’ombre des derricks », il partait au galop, pour une fois sans chanter, afin de fuir la puanteur du pétrole !

Un voyage animé par les Dalton
Dans mon précédent Lucky Luke, j’ai dessiné toute la bande de Joss Jamon en la caractérisant « à la Morris », mais en l’animant de manière semi-réaliste. Ça m’a débloqué pour les Dalton, que je ne pensais pas être capable d’utiliser dans mes albums. Joe et ses frères vont bien sûr générer des tas de situations comiques, qui ne seront pas sans rappeler celles des Dalton dans le blizzard, Canada oblige. Mais je vais aussi rappeler que ce sont de dangereux criminels, à ne pas prendre à la légère…

Un voyage avec un méchant qui vous en rappellera un autre
Cramp est un archétype du capitaliste prêt à tuer toute une communauté pour de l’argent, comme dans « La porte du paradis », le film de Michael Cimino. Une attitude toujours d’actualité avec le célèbre « Drill, baby, drill !« de Donald Trump, qui menace plus que jamais l’environnement. Je suis terrifié par ce genre d’attitude qui pourrait signer la fin de l’humanité et nous entraîner vers une fin que nous n’avons pas souhaitée. Le capitalisme sauvage, débridé et prédateur, nous entraîne dans une chute. Oui, je suis éco-anxieux, mais cette éco-anxiété, je ne veux pas qu’elle s’exprime de façon trop noire dans mes albums. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir !

Un voyage avec le fils de Matthieu Bonhomme
Mon fils, qui à une époque s’était laissé pousser les cheveux, portait des bandeaux pour écrire ou encore jouer au tennis. Il était donc parfait pour servir de modèle à Nuage rouge ! Ce qui semblait cohérent dans un album traitant de la paternité, non ? Devenir père a été un grand bouleversement pour moi. Je trouvais dommage que Lucky Luke passe à côté d’un bonheur pareil. La figure du héros solitaire est très européenne. Pour les Indiens, un grand guerrier doit avoir beaucoup d’enfants !


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