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L’arrière-boutique : Matthieu Bonhomme
Publié le 18/03/2026
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La longue marche de Lucky Luke n’a rien d’une balade de santé ! Y compris pour son créateur, qui nous révèle les secrets de réalisation de son nouveau Lucky Luke dans le journal Spirou n°4589 du 25 mars.

Joe, ce pervers
Joe a une tronche de pervers ! On s’est tellement habitués à la voir qu’on en oublie que ce personnage est un dangereux psychopathe ! Ça me semblait donc cohérent de le montrer vraiment violent. Ce coup de pied, le Joe de Morris n’aurait jamais pu le donner à cause de ses petites jambes ! Pour contrebalancer cette violence, je termine cette séquence par un ressort purement comique.

La bible de Bonhomme
Avant d’écrire mes scénarios, je traîne sur Internet afin de collecter plein de photos. Ces images, qui me donnent un tableau général des ambiances, je les fais ensuite imprimer dans un petit livre, du genre de ceux que l’on fait d’habitude pour garder un souvenir de ses vacances. Quand je travaille sur un album, j’ai toujours ce petit livre documentaire qui lui est consacré tout à côté de moi… Pour « La longue marche de Lucky Luke », j’ai compilé des images d’Indiens, de loups, de forêts enneigées et des copies d’écran de westerns célèbres comme Jeremiah Johnson.

Story & Oiry
Le story-board, avec les années, est devenu l’étape la plus importante pour moi. C’est là que tout se fait. Que je convoque les cadrages, l’organisation des planches. Que je peaufine les personnages. Que je travaille les dialogues. L’avantage du story-board, c’est que c’est un brouillon malléable que l’on peut gommer, raturer, déchirer. Lorsqu’il est terminé, il permet de lire son histoire en entier afin d’y repérer les défauts et problèmes. Je peux faire lire mon story-board à mon éditeur, avant de passer à l’encrage, mais aussi à des amis auteurs comme Stéphane Oiry.

Du vertical carré de chez carré
Toute cette page est organisée autour de la case centrale. Le but de la première case est de montrer le ciel afin de commencer à induire la verticalité. Dans le second strip, je montre ensuite la cime de l’arbre avec une continuité graphique des branches entre les cases 3 et 5, soutenue par un effet champ/contre-champ donnant une impression de hauteur. En case 3, on a de plus l’impression que Joe saute jusqu’à la case centrale, ce qui accentue le mouvement vertical !

Une neige glissante
Les paysages de neige, je pensais que ça serait facile à dessiner, mais, si on veut faire les choses bien, il faut tout analyser. Dans mon livre documentaire, j’ai donc compilé des tas de photos d’arbres enneigés afin d’essayer de comprendre comment la neige recouvre les arbres puis comment les couches successives se structurent. La neige étant blanche, comme les bords de mes pages, j’ai aussi veillé à ce qu’elle ait une petite teinte afin que tout soit visuellement bien structuré sur mes planches.


Un coup de Caniff
Je suis ultra « tradi ». Je réalise mon story-board sur papier machine A4 avec un simple crayon, puis j’utilise un papier plus fort pour les planches définitives avec un encrage à l’encre de Chine avec plume et pinceau. Je corrige ensuite à la gouache blanche, puis je scanne mes pages afin de les coloriser sur ordinateur. J’ai vu une planche de Milton Caniff récemment et je me suis dit qu’elle aurait pu être dessinée hier. Je procède de la même manière !
« La longue marche de Lucky Luke », Un Hommage à Lucky Luke par Matthieu Bonhomme – disponible en librairie le 17 avril 2026.


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