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Les nuits noires de Soda
Publié le 07/04/2023

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Après une longue interruption, la série Soda revient à la source de son inspiration : le New York sale, bruyant et dangereux des années 1980. Explications avec Bruno Gazzotti et Olivier Bocquet, aux commandes de ce nouvel album.
Comment faites-vous le casting des nouveaux personnages ?
BRUNO GAZZOTTI : Je pars de la description écrite d’Olivier. Ensuite, on discute beaucoup. « Le pasteur sanglant » introduit un nouveau personnage qui s’appelle Ezechiel. Je suis parti de mes souvenirs du look de Huggy-les-bons-tuyaux dans la vieille série TV Starsky & Hutch.
OLIVIER BOCQUET : Pour la médecin légiste de la scène d’ouverture, Bruno s’est basé sur Patricia Cornwell, une autrice de polars dont l’un des personnages récurrents est justement médecin légiste. Ce qui est intéressant, c’est de bouger un peu le corpus. Ajouter de nouveaux personnages récurrents me semble être un signe de bonne santé pour une série.
BRUNO GAZZOTTI : On a également repensé le building de la police pour que la circulation des personnages soit plus logique, entre les scènes. Le scénario nous permettait ce déménagement et la série est améliorée.
OLIVIER BOCQUET : Au cinéma ou dans les comics, les auteurs ne s’interdisent pas de changer le look de la Batmobile ou du manoir de la famille Wayne. En BD, on est souvent frileux. C’est stupide.
Soda a des imposés, comme la scène de l’ascenseur. Comment les réinventer ?
OLIVIER BOCQUET : Mon premier réflexe c’était de ne pas les faire… car je croyais que Philippe Tome avait déjà fait toutes les variations sur le changement de costume dans l’ascenseur. J’ai fini par trouver une alternative, pour ce moment habituel de la série. Tout ne m’intéressait pas dans les imposés. La présence de la voix off m’a permis de trouver le bon ton, c’était utile. Mais réexpliquer in extenso le secret de la double vie policier et pasteur me semblait très secondaire. On le dit, mais de manière plus allusive qu’autre chose. Il ne faut pas s’obliger à reproduire des scènes attendues si ça ne sert pas le récit. Ce n’est pas parce qu’il y a un grand déroulé narratif dans l’espace en ouverture des nouveaux films Star Wars que tous les films sont bons !
BRUNO GAZZOTTI : L’important c’est de retrouver le parfum, de camper les personnages de manière évidente. Les dialogues d’Olivier ont été très malins pour cela. Il distille des informations progressivement dans son scénario.
Quelles sont vos références visuelles pour vous replonger dans l’état d’esprit new-yorkais ?
OLIVIER BOCQUET : J’ai regardé beaucoup de photographies d’époque de différents quartiers. J’ai revu des films de Martin Scorsese des années 1970. Parce que le New York des années 1980 est en ruine, il suffit de se projeter en regardant des films qui se passent avant. Pour se documenter, il faut aussi parfois chercher à la marge. J’ai par exemple revu les deux premiers films L’arme fatale. Bon, ils ont très mal vieilli et ne se passent pas à New York, mais je devais connaître la technologie, le quotidien des flics, le look des ordinateurs, des téléphones, des bureaux, le tarif des journaux.
BRUNO GAZZOTTI : Niveau film, j’adore French Connection et Cruising de William Friedkin, Serpico de Sidney Lumet. Les bons films d’Al Pacino me plaisent et m’inspirent. Comme Olivier, je préfère le cinéma des années 1970 à celui des années 1980.
« Le pasteur sanglant » sera disponible en librairie le 9 juin.
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