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Gaston Lagaffe revient bientôt dans le journal Spirou !

Publié le 16/04/2026

Il multipliait déjà les gaffes… Le voici qui multiplie les auteurs. Car le nouvel album de Gaston, Des boum et des paf, sera bien dessiné par Delaf, mais avec Lewis Trondheim au scénario ! Vous pourrez le découvrir le 21 octobre 2026 en librairie et à partir du 1er juillet dans Spirou à raison d’un gag par semaine ! Et pour patienter, la rédaction de Spirou vous propose un numéro spécial trois premières planches inédites et… quatre couvertures à collectionner !

Spirou a voulu marquer le coup pour annoncer le retour de Gaston Lagaffe dans ses pages. Nous vous proposons donc un numéro spécial Gaston Lagaffe dans notre édition du 29 avril ! Dans ce journal : trois gags exclusifs tirés du prochain album de Gaston, mais aussi plein d’autres surprises ! Il s’agira d’un journal plutôt collector, puisque 4 couvertures différentes (accompagnées de 4 éditos différents des Fabrice) seront à collectionner à travers toute la France et la Belgique.

En attendant ce journal spécial puis le retour de Gaston chaque semaine à partir du 1er juillet, nous avons pris le temps de poser toutes nos questions au duo d’auteur en charge de ce tome 23 : Marc Delaf et Lewis Trondheim.

Comment le trio Gaston-Delaf-Trondheim s’est-il constitué ?

DELAF. Après Le retour de Lagaffe, j’avais envie de me changer les idées. J’ai donc accepté la proposition que me faisait Lewis de dessiner un album de sa série Donjon Parade. Mais, après ça, j’étais en retard pour le Gaston suivant ! L’idée de travailler avec un scénariste est donc arrivée. Et avec elle le nom de Lewis, avec qui je savais que le courant passerait.

LEWIS TRONDHEIM. Delaf et moi nous connaissons depuis longtemps. Il y a 25 ans, alors tout jeune auteur, il m’envoyait des planches de sa propre version de Lapinot ! Gamin, j’ai lu et relu Gaston mille fois. Adulte, je me suis procuré toutes les rééditions successives. Mais, quand Delaf m’a proposé de travailler sur Gaston, je me suis demandé si j’en serais capable… Je me suis d’abord rassuré en me disant que nous écririons à deux. Sauf qu’il voulait que je compose les gags seul, même s’il se réservait la possibilité de les adapter ensuite. C’est ainsi que j’ai écrit 75 gags, dans lesquels nous avons picoré pour construire Des boum et des paf.

D. Je n’ai donné qu’une seule indication à Lewis : je voulais que ses gags se déroulent à l’époque du Cas Lagaffe, donc fin des années 60-début des années 70. Car, pour moi, cet album est le Gaston parfait, avec un dessin sublime, très sensuel, réalisé au pinceau.

L.T. J’ai donc listé les objets qui me semblaient emblématiques des années 70, y compris ceux déjà utilisés par Franquin, en me demandant comment je pourrais pousser certains gags encore plus loin. Il y aura dans Des boum et des paf une cabine téléphonique ou encore un détecteur de mensonges. Cette dernière idée m’est venue du gag 816, où Gaston jouait avec 100 montages électroniques, une boîte de bricolage censée permettre la construction d’un orgue, d’un émetteur ou… d’un détecteur de mensonges. Je me suis dit que ça serait amusant de l’utiliser sur les collègues de la rédac. Surtout sur Mademoiselle Jeanne…

D. Cette boîte des 100 montages électroniques était trop bien dessinée pour ne pas réellement exister. Je l’ai donc cherchée. Et je l’ai trouvée ! Franquin ne laissait rien au hasard, ni dans son dessin ni dans sa documentation. J’essaye d’en faire de même.

Sur quel secteur de dessin penses-tu avoir progressé depuis Le retour de Lagaffe ?

D. Sur le rythme. J’ai analysé des vidéos où l’on voit Franquin dessiner Gaston. Il y avait un rythme particulier, comme une musique dans le trait. Régulièrement, au cours de la réalisation de Des boum et des paf, j’ai eu l’impression d’assimiler des petites choses. Je me suis moins référé au travail de Franquin et me suis davantage fait confiance. À force de parler le Franquin, je le parle mieux, avec moins d’accent. Mais mon objectif n’est pas de l’imiter à la perfection. J’en serais bien incapable. La ligne que je me fixe, c’est de rester dans son esprit.

L.T. J’ai lu, dans plusieurs articles, que Delaf dessinait Gaston à la manière de Franquin. En tant que dessinateur, je vous assure que je vois des différences. Delaf utilise certes des éléments de vocabulaire de Franquin, mais à l’arrivée c’est bien du Delaf ! Je retrouve Les Nombrils dans la façon qu’il a de poser ses personnages et ses gags, par exemple.

D. Lewis, qui est un dialoguiste hors pair, a amené un rythme très intéressant. J’avais remarqué que Franquin faisait généralement parler ses personnages avec une bulle unique, placée en haut de case. Dans ses découpages dessinés, Lewis a créé des effets de dialogue à plusieurs bulles, parfois placées en bas de case, ce qui m’a poussé à adapter sa mise en scène afin de respecter la tonicité de son rythme et la façon de faire de Franquin.

L.T. En écrivant ces dialogues, je n’imaginais pas à quel point Delaf allait les mettre en valeur. L’attitude comique de Gaston et des autres est très tendue, immédiate, un peu à la Louis de Funès !

D. Pour moi, Franquin est le maître de l’acting. Il poussait souvent à l’extrême les émotions, recherchant la bonne expression, celle qui transcenderait le comique de la situation. Certains gags de Gaston, juste lus en mode « scénario », ne semblent pas être les gags du siècle. Mais mis en image par Franquin, ça change tout ! Conscient de cela, chaque case de Des boum et des paf a été un défi pour moi.

Comme dans l’album précédent, c’est BenBK qui assure les couleurs.

D. Je travaille avec BenBK depuis longtemps sur Les Nombrils. C’est quelqu’un d’extrêmement généreux dans son travail, qui se pose énormément de questions afin d’avoir le meilleur rendu possible. Je lui donne des indications de couleur et des pistes de documentation, dont il se sert pour asseoir son travail. Il consulte également les indications de couleur fournies à l’époque par Franquin, qui n’étaient d’ailleurs pas toujours respectées ! Pour Gaston, BenBK a trouvé un grain de couleur qui correspond bien à la série. Si on regarde en détail les planches de Des boum et des paf, on peut percevoir que Ben ne travaille pas réellement en aplats. Ses couleurs ont comme une petite vibration…

Gaston a souvent montré son esprit militant. Le retrouve-t-on dans Des boum et des paf ?

L.T. À l’époque du Cas Lagaffe, Gaston n’est pas encore cet activiste qui embête les baleiniers. Il vit dans de gentilles contradictions, à la fois écolo et chauffeur d’une voiture polluante… Mais, au début des années 70, Franquin critiquait déjà en filigrane les relations de pouvoir, surtout dans le cadre du travail. Cette thématique est restée contemporaine. Pour moi, Gaston est toutefois là avant tout pour faire oublier aux lecteurs la bêtise humaine en rigolant. Maintenant, si certains renoncent à devenir avocat d’affaires grâce à notre Gaston, j’en serais ravi !

D. Franquin parlait essentiellement de liberté dans Gaston. Son message, c’était : « Fais ce que tu as envie de faire. » Gaston, qui avait été engagé pour classer le courrier, s’ingéniait à éviter cette tâche pour se consacrer à ses passions. Quand on lit Gaston, il y a toujours un moment où on se demande si on souhaite vraiment passer sa vie à travailler comme un zombie.

À l’inverse du Retour de Lagaffe, Des boum et des paf ne propose pas de fil rouge entre les gags.

L.T. Franquin ne travaillait pas avec l’objectif de composer un album. Il faisait des gags sur divers formats, avec diverses sortes de chutes et d’humour, et le tout était ensuite regroupé dans un album. J’ai travaillé de la même manière, avec des gags se déroulant à la rédaction de Spirou mais aussi à l’extérieur. Certains ressorts comiques ne se déploieront que sur un seul gag. D’autres seront plus récurrents. Et bien sûr, je me suis fait plaisir en convoquant plein de personnages : De Mesmaeker, Melle Kiglouss, Bubulle et même le vieux costume du Flagada. Écrire de cette manière démultiplie le plaisir du scénariste et surprend toujours le lecteur !

D. Lewis, j’ai une question : une légende urbaine prétend que Franquin t’aurait écrit… C’est vrai ?

L.T. C’était dans les années 90. Je réalisais la série Richard Mammouth dans Spirou. Comme je tournais en rond au bout de 10 gags, j’avais décidé d’arrêter. Deux semaines après, j’ai reçu une lettre de Franquin, qui m’appelait « cher confrère » et me demandait de continuer… Je reste persuadé que c’était un faux rédigé par Thierry Tinlot, rédacteur en chef de l’époque !

En manque de Gaston ? Plus quelques fois dormir !

À partir du
1er juillet 2026 : Gaston revient dans les pages de Spirou avec un gag inédit par semaine 
21 octobre 2026 : Sortie en librairies du nouveau Gaston signé Delaf et Trondheim : Des boum et des paf !

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