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Le coin perdu : la nouvelle pépite à découvrir dans Spirou !
Publié le 08/07/2026
STOP ! Car, maintenant, on prend son temps. Celui de savourer les strips du Coin perdu, une pépite entre Calvin et Hobbes et Peanuts signée par le Canadien Adam de Souza. Promis : vous allez adorer vous perdre dans son univers de doux mystère d’enfance…
Le coin perdu est si original qu’il est dur à résumer ! Mais chiche que tu le fais en moins de 40 mots !
Le coin perdu est une bande dessinée qui raconte l’histoire d’enfants étranges dans un monde encore plus étrange. Mais elle parle aussi du fait de grandir dans un endroit très différent du nôtre…
Des bêtises d’enfants. Plein de personnages hauts en couleur. Un soupçon d’étrange… On a envie de ranger Le coin perdu entre les albums de Libon, de Liniers et de Schultz !
Vous n’avez pas tort, car Schultz est un de mes auteurs préférés avec Tove Jansson, Taiyo Matsumoto et Maurice Sendak. Mais bon : je ne pense pas que je mérite d’être rangé à côté de ces grands dessinateurs !
Les histoires du Coin perdu sont souvent contemplatives…
Je pense qu’il y a beaucoup de sens et de bienfaits à trouver dans le fait de ralentir. Il est extrêmement important de laisser de la place à ces petits moments de contemplation. C’est de là que me vient ma créativité. Mais cela fait aussi de moi un ami plus engagé et une meilleure personne en général.

Parmi tous les jeunes héros du Coin perdu, quels sont tes préférés ?
Oh là là, je ne peux pas choisir ! Disons simplement que Lula, Kaye et Ten sont souvent les plus faciles à écrire, même si j’essaie de donner à tous les personnages le même temps de parole. J’ai quand même parfois l’impression que Lula pourrait tenir à elle seule une série.
As-tu utilisé tes propres souvenirs d’enfance pour nourrir Le coin perdu ?
Il y avait beaucoup de voitures en panne dans les allées du quartier de banlieue où j’ai grandi. Mes amis et moi grimpions dessus ou nous y faufilions pour jouer à faire semblant de conduire. Il y avait aussi un champ, en face de chez moi, où l’herbe poussait très haut. Nous avions l’habitude de nous y prélasser et de nous cacher dedans. Une grande partie du Coin perdu rappelle ces lieux et les sentiments que j’associe à cette époque.
Le coin perdu est écrit en petits récits de quatre cases. Ça offre un plaisir de création et de lecture particulier ?
Oui ! Je pense que la bande dessinée en quatre cases offre une expérience de lecture très immédiate. J’essaie d’écrire chaque bande de manière à ce qu’elle soit autonome, même s’il y a souvent des petites nuances ou des indices qui échappent aux nouveaux lecteurs. C’est un format gratifiant et j’aime avoir l’impression de m’inscrire dans la lignée des grands dessinateurs que j’admire depuis mon enfance.

Tu connais Spirou depuis longtemps ou tu découvres l’univers ?
Je connais Spirou depuis que je m’intéresse à la bande dessinée ! Malheureusement, je lis très mal le français, même si j’ai feuilleté le magazine à plusieurs reprises lors de mes voyages. C’est un véritable honneur d’être publié dans un magazine de bande dessinée aussi important sur le plan historique. Nous n’avons rien de comparable en Amérique du Nord !
Tu vis à Vancouver, une ville que tu définis comme installée sur des « territoires non cédés ».
Vancouver a été fondée sur les territoires de plusieurs groupes d’ « Américains natifs » (First nations groups) tels que les Musqueam, les Squamish et les Tsleil-Waututh. On parle de « territoires non cédés », car aucun traité n’a été signé avec eux lors de la fondation de Vancouver et des villes environnantes. Comme une grande partie du Canada, Vancouver est donc une ville née d’un vol et qui a fait de son mieux pour effacer la longue histoire de ses habitants originels. Ce n’est pas une injustice figée dans l’histoire, mais quelque chose qui reste présent aujourd’hui. Il est important d’en parler, mais je crois qu’il est encore plus important de comprendre ce que signifie être une personne qui bénéficie d’un système de violence. C’est la seule façon de trouver une voie vers quelque chose de plus équitable pour tous les habitants de ces terres.
Est-ce que cette vision du Canada influe sur Le coin perdu ?
Le coin perdu est très ancré dans la région où j’ai grandi. Bien que l’histoire des First nations groups ne soit pas présente dans l’univers fictif du récit, celui-ci se déroule ici. Il est donc important de le reconnaître. Donc, oui, ma vision de mon pays me pousse à écrire certaines histoires. Du Coin perdu à mes œuvres plus longues comme Les herbes sauvages, il est important pour moi de créer des œuvres qui traitent de toute la complexité de la vie.


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